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De la Préhistoire à l'Epoque moderne


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Sommaire

 La Préhistoire
 L'importance de la transmission orale
 Le rôle de la religion et de l'écrit
 L'éducation dans l'Antiquité
 L'éducation dans l'Epoque Moderne

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Un enseignant au Moyen Age
Codex d'Esslinger

La Préhistoire
Il convient d'abord de s'arrêter aux sociétés sans écriture de la Préhistoire. L'éducation y est indissociable de la vie du groupe. Elle reflète les hiérarchies qui l'organisent (classes d'âge, prééminence des anciens, division entre les sexes), mais elle est aussi un moyen de maintenir une identité collective, face à la nature comme aux autres groupes sociaux. La langue joue un rôle essentiel, car c'est par elle que s'ordonnance la mémoire de la société. Les traditions et les règles de vie sont transmises d'une génération à l'autre oralement.

L'importance de la transmission orale
C'est dans l'épopée que sont rassemblés, sous une forme poétique qui favorise la mémorisation, les éléments de la vision générale du monde qu'entend maintenir le groupe. Le récit de Gilgamesh (qui rassemble, aux XVIIIe et XVIIe siècles av. J.-C., des mythes de la Mésopotamie) et le Mahabharata Indien (compilé entre le IV e  siècle av. et le IVe siècle apr. J.-C.) ont servi à des peuples entiers à fonder leur histoire et à définir le destin de l'homme.

En Grèce, il en est de même des poèmes de l'Iliade et de l'Odyssée (VIIIe siècle av. J.-C.), attribués à Homère, tout autant que pour les Travaux et les Jours d'Hésiode (milieu du VIIe siècle av. J.-C.): leur destinée littéraire ne saurait faire oublier leur visée éducative. La culture orale véhicule également toute une sagesse pratique à travers des devinettes, des contes et des comptines.  

Ces exemples de moyens éducatifs qui remontent à l'aube de l'histoire permettent de comprendre une des caractéristiques de l'éducation: chargée de transmettre un héritage et une expérience, elle maintient une certaine stabilité culturelle. Certains ont avancé l'hypothèse que cette «vocation de fixité irrévocable» a grandement contribué à la naissance de l'écriture, qui permet d'emmagasiner les connaissances et les normes. L'apparition de textes écrits marque effectivement un moment décisif dans l'évolution de l'éducation.  
 


Le rôle de la religion et de l'écrit
Le livre, sous toutes ses formes, deviendra vite, en effet, l'instrument premier de l'éducation. Il a au départ un caractère sacré, car il contient les vérités sur lesquelles est fondée la vision cosmogonique et théologique de la société. Etre éduqué, c'est d'abord connaître à la lettre les textes fondamentaux, afin de pouvoir les transmettre dans leur authenticité. L'éducation devient alors le domaine des prêtres. L'accent est mis sur la formation religieuse et morale, et les principes inculqués ne font pas l'objet de discussions. Ce lien entre culture et religion est quasi universel; il aboutit, dans le domaine de l'enseignement, à une hiérarchisation des élèves: ceux qui auront acquis le mieux le savoir et qui se conformeront aux normes morales formeront le corps sacerdotal.

Ainsi, dans les écoles indiennes de la période védique (du XVII e  au VII e  siècle av. J.-C.), les brahmanes apprennent par cœur les quatre livres sacrés, afin de connaître les devoirs sociaux et les rituels religieux qui forment le caractère d'un individu. De même, les écoles coraniques familiariseront les élèves avec le Coran et le hadith.  

Force unificatrice, la religion demeura longtemps une référence majeure de l'éducation. Mais la division sociale du travail ainsi que la naissance puis le renforcement de l'Etat vont amener une évolution. Il s'agit désormais de former des hommes capables de remplir des fonctions publiques: enregistrement des décisions gouvernementales, levée des impôts, contrôle de l'économie, etc. Ces hommes doivent connaître, au-delà des principes moraux, l'écriture et le calcul. Ils constituent, dans les civilisations du Proche-Orient ancien, la catégorie des scribes.

L'éducation dans l'Antiquité
Parce qu'ils sont dépendants de l'Etat, les scribes égyptiens doivent en adopter les règles et en respecter la hiérarchie. Ici encore, l'éducation revêt une forme utilitaire: tout en permettant l'acquisition de connaissances, elle remplit une fonction d'adaptation à la société. On s'en rend compte avec l'exemple du confucianisme dans la civilisation chinoise. Expression de la classe des mandarins (ceux qui par leurs connaissances, essentiellement littéraires, ont pu passer les examens permettant l'accès aux hautes fonctions administratives), cette doctrine met l'accent sur la vertu, qui, pour le souverain et pour le peuple, est la garantie d'un bon gouvernement. Pourvu que, comme dans une famille, elle respecte l'autorité paternelle, la société peut connaître un développement heureux: le respect dû au supérieur - et en tout premier lieu au maître - est le fondement du confucianisme.  

Le monde Grec connaîtra, à partir du V e  siècle av. J.-C., la première «révolution» dans l'éducation. C'est en effet dans l' Athènes des V e et IV e  siècle que l'éducation commence à être conçue non plus seulement en rapport avec les besoins globaux de la société, mais en fonction du perfectionnement de l'individu. Socrate joue un rôle essentiel dans cette évolution, principalement par l'intermédiaire de ses disciples, Xénophon et Platon. Son enseignement est tourné vers le développement de la conscience individuelle - « Connais-toi toi-même » est un de ses maîtres mots - et sa méthode (la maïeutique) consiste à pousser ses interlocuteurs à trouver eux-mêmes, grâce à des questions correctement posées, la réponse aux problèmes qu'ils se posent.  

Platon, en exposant ses vues sur l'éducation dans la République et dans les Lois, entend répondre aux exigences de la morale civique. Estimant que sans culture on ne saurait être en mesure de gouverner, il élabore un programme d'éducation destiné à une élite qui suivra une formation jusqu'à l'âge de 50 ans. Mais les étapes envisagées pour accéder à la connaissance rationnelle sont déterminées par la recherche de la vérité; autrement dit, le bien public ne peut être assuré que par la conquête d'une éthique individuelle.  

Au cours de la période hellénistique, puis à Rome, ce lien entre philosophie, culture et éducation va tendre à se renforcer. Par-delà les événements politiques, militaires et économiques, l'unité du monde méditerranéen se réalisera dans une même référence à des valeurs culturelles transmises par l'éducation. Cette tradition, transmise par l'intermédiaire non seulement de théologiens chrétiens comme saint Augustin, mais aussi de penseurs islamiques, contribuera à la formation de la pensée moderne sur l'éducation.

L'éducation dans l'Epoque Moderne
A partir du XV e  siècle, les conceptions et les pratiques en matière d'éducation connaissent un nouveau bouleversement avec l'avènement des Temps modernes en Europe occidentale. En quelques siècles, l'économie de marché va triompher; la révolution industrielle des XVIII e et XIX e  siècle achèvera sa mise en place. La main-d'œuvre salariée, dont le nombre va croissant, doit être formée aux techniques et adaptée aux critères de rentabilité qui dominent la vie économique.

Au cours de la même période se constituent les Etats-nations, dont les rivalités vont marquer le déroulement de l'histoire. Pour chacun d'entre eux, l'accession des sujets ou des citoyens aux valeurs qui assurent la cohésion de la collectivité devient une nécessité absolue. Enfin, l'individu et ses droits, considérés comme naturels, occupent désormais une place centrale. Cette évolution s'accompagne, sur le plan politique, d'une aspiration à la démocratie que viennent renforcer les diverses révolutions auxquelles participent de larges couches de la population.  

L'éducation est donc amenée à tenter de résoudre des problèmes de plus en plus divers et complexes. Elle prend ses distances avec la religion et constitue un domaine de réflexion spécifique où l'influence du politique et de l'idéologique ne cesse de croître en importance. Dans ces conditions, il est normal que naissent et se développent de multiples théories éducatives, avec des objectifs divers.

L'éducation dans le monde moderne est, en effet, en prise directe sur la politique. Les débats des assemblées de la Révolution française sont, à cet égard, significatifs. Il s'agit, pour les membres de la Constituante ou de la Convention, de définir un nouvel ordre politique fondé sur des citoyens actifs. Pour Condorcet, cette tâche ne peut être effectuée que par l'instruction, qu'il distingue nettement de l'éducation. Cette dernière, qui fait appel à l'enthousiasme, a pour but de former la moralité; elle doit donc demeurer dans le domaine privé de la famille; les autorités politiques ont, en revanche, la charge du développement des facultés intellectuelles et des aptitudes techniques.  

A ces vues s'opposent celles de Félix Le Peletier de Saint-Fargeau, proche de Robespierre, qui défendit devant la Convention un plan d'éducation nationale: pour lui, l'instruction ne saurait suffire à la «régénération» de l'espèce humaine; l'Etat doit se charger d'inculquer une morale, en prenant en charge l'éducation en commun des enfants entre 5 et 12 ans.  

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